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L'ECOLE IMPERIALE DE SANTE MILITAIRE DE STRASBOURG
Le 12 juin 1856, Napoléon III signa
le décret impérial instituant deux écoles: l'une préparatoire à Strasbourg,
l'autre d'application à Paris, près du Val de grâce.
Le 3 novembre 1856, l'école accueillait ses premier élèves.
Cependant, de nombreuses discussions avaient été préalablement nécessaire. Tout
d'abord, l'École assurerait-elle la totalité de la formation des élèves, ou
serait-elle associée à la faculté de médecine? La deuxième solution étant
retenue, la faculté de Strasbourg offrit d'instruire jusqu'à 240 étudiants. Mais
elle rejetait le casernement, le port de l'uniforme ainsi qu'un enseignement
complémentaire et une école d'application, craignant de voir "à l'intérieur de
l'Université un esprit de ségrégation". Un accord se fit sans que le port de
l'uniforme et la discipline ne furent remis en cause. De même, à la suite
d'incident, le casernement fut rétabli en 1860.
A la tête de cette nouvelle École, résolument placée
sous le signe de l'avant-garde médicale, fut nommé un des plus célèbres
chirurgiens de l'époque, Sédillot, précurseur de l'asepsie opératoire et
inventeur du mot "microbe"
L' École du Service de Santé Militaire instituée près la
Faculté de médecine de Strasbourg, qui devint dès 1864 l'École Impériale du
Service de Santé Militaire, forma ainsi près de 1000 médecins et 90 pharmaciens
(recrutés à partir de 1864). La population adopta vite ces jeunes soldats dont
le grand uniforme fut à l'origine de l'appellation affectueuse de "carabins
rouges". Logés dans l'hôpital militaire jusqu'en 1861, date de l'ouverture des
bâtiments de l'École, ils bénéficiaient d'un enseignement complémentaire assurés
par des répétiteurs ainsi que par des professeurs militaires. Après quatre
années d'étude, les élèves militaires devenaient docteur en médecine au même
titre que leurs condisciples civils.
Déclarée le 19 juillet 1870, la guerre modifia
l'enseignement de l'École, les élèves en dernière année d'étude rejoignant
l'armée du Rhin. Cependant, contre toute attente, l'ennemi allait encercler
Strasbourg pendant un mois et demi, et lui faire subir un bombardement
meurtrier. L'École recevra le baptême du feu, sur ses bâtiments mais aussi dans
la personne de ses élèves, qui se couvriront de gloire et dont plusieurs
verseront leur sang au service des blessés ; enfin, l'École sombrera dans la
capitulation de Strasbourg et l'annexion de l'Alsace.
Malgré sa courte durée de vie (14 ans) cette École
forma 1054 Médecins dont certain appartiennent à l'Histoire de la médecine,
notamment Alphonse Laveran qui découvrit à Constantine l'hématozoaire du
paludisme et fut en 1907 le Premier Prix Nobel de médecine français
L' École de Lyon conserve pieusement les reliques de
cette école originelle dans sa Salle de Tradition.
Alphonse Laveran

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